top of page

Nouveau médicament pour l'insomnie, l'histoire va-t-elle se répéter ?

il y a 6 heures
2 min de lecture


On espère que non. Mais les données publiées jusqu'ici sur les antagonistes des récepteurs de l'orexine (DORA), cette nouvelle classe de médicaments pour l'insomnie, méritent qu'on s'y attarde avec un minimum de recul historique. Les DORA étudiés sont le suvorexant (Belsomra), le lemborexant (Dayvigo) et le daridorexant (Quviviq). Les études disponibles rapportent une efficacité soutenue sur le sommeil pendant 1 à 3 mois chez les aînés. Les effets secondaires documentés sont la somnolence et la céphalée. Ce sont des résultats très encourageants, mais appuyés sur peu d'études. Il faut donc rester vigilant pour la suite. Ça me rappelle l'histoire d'autres médicaments…


Les benzodiazépines 

À leur arrivée, elles ont été perçues comme une avancée majeure, efficaces et bien tolérées. Des décennies plus tard, plusieurs organismes réglementaires en limitent l'usage à deux ou quatre semaines, en raison du risque de tolérance, de dépendance et d'effets indésirables qui s'accumulent avec le temps, dont les chutes chez les personnes âgées.


Les antidépresseurs

Le passage des tricycliques aux inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) s'est fait avec la promesse d'une classe plus sûre, sans risque de dépendance. La littérature reconnaît aujourd'hui que ces médicaments peuvent être à l'origine de chutes et d'abus médicamenteux.


Les antipsychotiques

Le passage des antipsychotiques conventionnels aux antipsychotiques atypiques a été présenté comme une solution au problème des effets secondaires. Aujourd'hui, on sait que les antipsychotiques atypiques présentent chez l'aîné atteint d'Alzheimer un profil d'effets indésirables large, dominé par la somnolence, le déclin cognitif, les symptômes extrapyramidaux, et surtout une hausse de la mortalité et des événements cérébrovasculaires.

Trois classes de médicaments, trois promesses initiales de sécurité, trois découvertes tardives d'un risque significatif qu'on n'avait pas vu venir, ou qu'on avait sous-estimé. Ceci dit, les données actuellement disponibles indiquent que cette nouvelle molécule est plus efficace que les traitements précédents pour l'insomnie. Il est donc logique de voir son utilisation augmenter. Mais deux angles morts demeurent. D'abord, les données chez les personnes âgées atteintes de troubles neurocognitifs majeurs sévères restent insuffisantes. Ensuite, on ne dispose pratiquement d'aucune donnée en contexte d'hébergement, où le profil de fragilité et de polypharmacie est très différent de celui des populations étudiées jusqu'ici. En attendant d'en savoir plus, la surveillance clinique de la pharmacothérapie par le personnel infirmier devient essentielle pour s'assurer que les utilisateurs en retirent les bénéfices.

 

Événement à Rimouski le 17 septembre


C’est l’occasion de discuter des soins et du soutien pour les personnes âgées, et de repartir avec des idées novatrices. Inscrivez-vous dès maintenant : https://www.philippevoyer.org/event-details/innover-dans-les-soins-aux-aines-3



Innover en synergie avec nos partenaires


PARTENAIRES DIAMANT

Domedic : Le spécialiste du circuit du médicament informatisé et sécurisé

Gustav (Hospitalis) : Une plateforme numérique de coordination clinique moderne et éprouvée


PARTENAIRES OR


Source : Rollo, E., Antonioni, A., Manzoli, L., Di Lorenzo, F., & Flacco, M. E. (2026). Treatment of chronic insomnia in elderly adults with dual orexin receptor antagonists: A systematic review and meta-analysis. Sleep, 49(8), 1–12.

Commentaires


bottom of page