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Questions générales

Public·155 membres

Santiago LozanoSantiago Lozano
Santiago Lozano

RADAR en soins de longue durée : personnel auxiliaire et version espagnole

Bonjour Professeur Voyer,


Je vous écris depuis l'Uruguay. Je suis étudiant en génie et je développe, dans le cadre de mon mémoire, un système de détection précoce du delirium dans un établissement de soins de longue durée.


Le contexte : 24 résidents, forte prévalence de démence, aucun médecin sur place en permanence. Le RADAR serait rempli deux fois par jour pendant la tournée de prise de tension artérielle, celle-ci étant la seule tâche déjà intégrée à la routine à laquelle on puisse le rattacher.


J'aurais quelques questions, si vous avez le temps.


1. Le RADAR a-t-il déjà été utilisé par du personnel auxiliaire non licencié, des préposés aux bénéficiaires plutôt que des infirmières ? Chez nous, le dépistage serait rempli par des auxiliaires qui alternent d'un quart à l'autre. Les travaux que j'ai trouvés, la validation de 2015, celle de Sepúlveda en espagnol, l'implantation avec Lewallen, reposent tous sur du…


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Prof Voyer
Prof Voyer
Il y a 4 heures

Bonjour Santiago,

Merci beaucoup pour votre intérêt envers le RADAR et pour la qualité de vos questions. Je suis content de constater qu'au terme de votre analyse, vous considérez que le RADAR est l'outil qui s'intègre le mieux à la pratique et à la routine réelle des soins. C'est exactement la raison pour laquelle mon équipe et moi avons conçu cet outil, alors votre commentaire me touche particulièrement.

Voici mes réponses à vos questions.


1. Utilisation par du personnel auxiliaire non licencié

Oui, le RADAR a déjà été validé dans un contexte d'utilisation par du personnel non infirmier. Vous pouvez consulter la référence suivante à ce sujet

  • Bilodeau, C., Voyer, P. (2017). RADAR: un outil valide pour le repérage du syndrome confusionnel aigu (delirium) en résidences intermédiaires. NPG – Neurologie – Psychiatrie – Geriatrie, 17(98), 144-151,  http://dx.doi.org/10.1016/j.npg.2016.04.004

Ce vide dans la littérature que vous mentionnez n'est donc pas total, mais votre travail avec des auxiliaires en Uruguay demeure une contribution originale et pertinente.


2. Gestion d'un résultat positif en l'absence de médecin sur place

Votre préoccupation est tout à fait légitime, et c'est un enjeu central dans l'implantation du RADAR. L'essentiel est de mettre en place un corridor de service clair, c'est-à-dire que lorsqu'un résident obtient un résultat positif au RADAR, une évaluation plus approfondie soit effectuée sans délai par le personnel infirmier, qui pourra ensuite déterminer si une consultation médicale ou une communication avec le médecin traitant est nécessaire. Sans ce corridor, votre crainte va effectivement se concrétiser, le personnel perdra confiance en l'outil et cessera de l'utiliser correctement. Ce corridor doit être défini et connu de tous avant même le début de la collecte de données.


3. Version espagnole et adaptation régionale

Oui, une version espagnole du RADAR existe. Je vous la transmets avec cette réponse.

*** RADAR ***


Je vous souhaite beaucoup de succès dans votre projet de mémoire, et n'hésitez pas à revenir vers moi si d'autres questions se présentent au fil de son avancement.


Cordialement,

Philippe Voyer

Kathleen CharlandKathleen Charland
Kathleen Charland

Réminescence négative

Bonjour M. Voyer,

J'aimerais vous partager une situation que nous vivons avec une de nos résidente atteinte de troubles cognitifs. Dernièrement, nous avons remarqué qu'elle s'isole plus à sa chambre et pleure plus souvent. En lien avec ceci, les PAB ont remarqués que Mme, lorsqu'elle regarde les photos de sa famille affichées sur le mur de sa chambre, elle se met à pleurer et ne veut plus sortir de sa chambre. Ce n'est pas tous les jours qu'elle réagit ainis avec les photos, mais c'est assez pour qu'on fasse un lien avec son isolement et tristesse. Ma question est: puisque ces photos amènent une réminescence qui semble négative serait-il adéquat de les rétirer pour un certain temps? On ne sait pas si ce serait positif ou négatif, et on veut respecter son environnement où la famille lui a installer des souvenirs, mais en même temps on a l'impression que de…

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Prof Voyer
Prof Voyer
25 août

Bonjour Madame Charland,


Merci beaucoup pour votre question. Il me fait plaisir d’y répondre, mais il est important de préciser que cette réponse doit être interprétée avec beaucoup de réserve. Je ne connais ni Mme, ni son milieu de vie, et je n’ai procédé à aucune évaluation clinique. Je vous transmets donc des pistes générales à partir des informations que vous avez partagées.

En règle générale, les photos personnelles dans la chambre constituent une excellente approche. Elles contribuent à personnaliser le milieu de vie, soutiennent l’histoire de vie, facilitent les échanges avec l’équipe et peuvent évoquer des souvenirs agréables. Toutefois, lors de la collecte de l’histoire de vie, il importe aussi de repérer, avec les proches, les sujets ou les souvenirs pouvant être sources de détresse ou de conflit. Selon ce que rapporte la famille, il peut parfois être préférable de ne pas exposer certaines photos lorsqu’elles font revivre des souvenirs très douloureux et plongent la personne dans un état de tristesse ou de détresse.

Dans le cas présent, si les observations de l’équipe montrent de façon relativement constante que certaines photos sont associées à des pleurs, à un repli dans la chambre ou à une tristesse importante, il est raisonnable de remettre en question leur présence. Il pourrait être pertinent de retirer temporairement les photos concernées et de les remplacer par une autre décoration personnalisée, mais moins susceptible de raviver une souffrance. L’objectif n’est pas de rendre la chambre impersonnelle, mais plutôt de vérifier si un environnement différent favorise davantage son bien-être. Avec les personnes vivant avec des troubles neurocognitifs majeurs, nous devons ajuster nos interventions afin de leur offrir le plus de bien-être possible.

Même lorsqu’une approche est généralement appuyée par les études scientifiques, elle ne convient pas nécessairement à toutes les personnes, dans toutes les situations. C’est un peu comme pour l’hypertension : un médicament peut être reconnu comme efficace et pertinent, mais il peut ne pas donner le résultat attendu chez une personne précise. Il faut alors réévaluer la situation et ajuster l’intervention. Il serait donc utile de documenter les réactions de Mme avant et après ce changement afin de vérifier si cette adaptation lui est réellement bénéfique.


Enfin, le fait qu’elle soit moins active, présente un regard fixe et semble différente de son état habituel devrait aussi inciter l’équipe à demander une évaluation infirmière. Un changement aussi marqué peut révéler une condition sous-jacente, notamment un delirium hypoactif, qui nécessiterait une évaluation clinique plus approfondie et, au besoin, une discussion avec le médecin ou l’infirmière praticienne spécialisée.


Bonne réflexion à toute l’équipe,

Philippe

Critères d'accessibilité pour les MDA

Bonjour M. Voyer,

Je souhaiterais échanger avec vous ou avec des collègues concernant la vision initiale des MDAA, ainsi que les orientations qui ont guidé les critères d'admission lors de leur déploiement.

Depuis l'ouverture des MDAA, nous observons certains défis liés au maintien de quelques éléments de la philosophie et des concepts présentée a l'origine, notamment la participation des résidents aux AVD, AVQ ainsi qu'a la vie sociale de leur maisonnée.

Une des hypothèses que nous explorons est liée au profil de la clientèle actuellement admise. Plusieurs nouveaux résidents présentent des niveaux ISO-SMAF 12, 13 et 14 (diminution importantes des capacités physiques et cognitives l'imitant leurs participations aux AVD, AVQ et participation a la vie sociale).

Je me questionne également sur la place des personnes ne présentant pas de diagnostic de TNCM. Faisaient-elles partie de la clientèle visée? Existe-t-il des orientations ou des documents qui précisent les attentes a ce…

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Prof Voyer
Prof Voyer
24 août

Bonjour Mme Picard,


Merci beaucoup pour votre question, qui est très pertinente.


Dans la vision initiale des maisons des aînés (MDA), l’un des objectifs centraux était d’éviter les transitions évitables entre les milieux de vie. Pour les personnes présentant une condition évolutive prévisible, notamment un trouble neurocognitif majeur, l’idée était de pouvoir être admis plus tôt dans leur trajectoire, autour des profils ISO-SMAF 7 ou 8. Elles auraient alors pu demeurer dans la même MDA jusqu’à la fin de leur vie, plutôt que de connaître un passage d’une RPA ou d’une ressource intermédiaire vers l’hébergement.


Cette orientation était étroitement liée à la philosophie des MDA : des maisonnées vivantes, des espaces occupationnels, une participation adaptée aux activités de la vie quotidienne et domestique, ainsi qu’une vie sociale significative. Bien entendu, les personnes atteignant éventuellement les profils ISO-SMAF 12, 13 ou 14 faisaient partie de la clientèle anticipée. Toutefois, elles devaient idéalement y parvenir après avoir été admises à un stade antérieur de leur parcours.


Lorsque les admissions se font principalement à des profils ISO-SMAF 12 à 14, la situation est différente. Les limitations physiques et cognitives importantes, la mobilité très réduite et, parfois, le temps passé au lit limitent nécessairement les possibilités de profiter des espaces, de participer aux AVD et aux AVQ ou de s’engager dans la vie sociale de la maisonnée. Cela transforme aussi la dynamique du milieu et accroît les besoins d’accompagnement du personnel. La charge de travail est augmentée.


À l’origine, il était également envisagé que les admissions tiennent compte, dans la mesure du possible, des intérêts, des habitudes de vie, des passions et du type de personnalité des personnes. Cette approche devait soutenir la création de maisonnées cohérentes. Des regroupements pouvaient aussi être envisagés pour des personnes ayant une déficience physique sans trouble neurocognitif majeur. Ainsi, les personnes sans diagnostic de trouble neurocognitif majeur faisaient bien partie de la clientèle visée.


À mon avis, les difficultés observées reflètent surtout l’écart grandissant entre la demande et l’offre d’hébergement. Lorsque les places sont insuffisantes, les admissions surviennent très tardivement, auprès de personnes ayant des besoins très élevés (ISO-SMAF élevé). Cela fragilise inévitablement la réalisation de la philosophie initiale des MDA.

Il faudrait donc agir à la fois sur l’accès à l’hébergement, le soutien à domicile et l’ensemble du continuum de soins. Voir le document ci-dessous :

 

Merci pour votre question

Philippe

Katia TremblayKatia Tremblay
Katia Tremblay

Transmission des diagnostics médicaux aux préposés aux bénéficiaires

Bonjour M. Voyer, pouvons-nous transmettre les diagnostics médicaux aux préposés en CHSLD? J'aimerais votre avis. Merci à l'avance!

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Merci beaucoup pour votre réponse et les exemples nommés.

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