L’odorat : un sens sous-estimé en centre d’hébergement ?
- Prof Voyer
- il y a 7 heures
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Dans une étude de cas réalisée dans un petit centre d’hébergement privé danois (12 résidents), les auteurs analysent comment l’utilisation intentionnelle des odeurs peut soutenir le bien-être, l’appétit et le sommeil de personnes vivant avec des troubles neurocognitifs majeurs (TNCM). L’équipe de recherche combine observation participante, entretiens semi-dirigés et analyses spatiales et sensorielles afin de documenter de façon fine les pratiques olfactives dans l’environnement physique et dans les routines de soins. Les odeurs proviennent d’huiles essentielles diffusées de manière stratégique (accueil, zone de relaxation, coin lecture, zone spa, soins en phase terminale). Les chercheurs ont aussi utilisé des plantes, des animaux et des aliments, incluant les odeurs de repas, de collations et d’agrumes ajoutés à l’eau. Les soignantes décrivent ces odeurs comme des « indices subtils » qui se superposent à la lumière, à la musique et à l’esthétique des lieux pour créer une atmosphère calme, sécurisante et propice à la détente. Elles rapportent que les résidents dorment mieux lorsque le parfum de la zone de relaxation est présent et que les routines quotidiennes sont plus faciles à comprendre lorsque les activités sont soutenues par leurs odeurs habituelles. Selon les auteurs, ces odeurs contribuent ainsi à répondre à des besoins physiques, comme l’appétit et le sommeil, tout en favorisant un climat relationnel positif et un sentiment de sécurité. Ces résultats sont très subjectifs et relèvent d’une expérience très locale. Mais qui n’aime pas les bonnes odeurs?
D’ailleurs, une étude quasi expérimentale menée dans six milieux de soins de longue durée à Taïwan auprès de 88 participants offre des données d’efficacité sur l’aromathérapie par huiles essentielles chez les personnes âgées. Les séances hebdomadaires de 90 minutes ont significativement amélioré la latence d’endormissement et réduit les perturbations du sommeil, tout en augmentant le sentiment d’être reposé au réveil, l’intérêt pour les activités quotidiennes et le niveau de bonheur déclaré. Des réductions significatives des symptômes dépressifs ont également été observées, ce qui renforce l’idée qu’une exposition régulière à des odeurs anxiolytiques et sédatives (lavande, agrumes, bergamote, camomille romaine, sauge sclarée, etc.) peut soutenir le sommeil, l’humeur et le bien-être global des aînés en soins de longue durée.
En somme, les auteurs proposent que l’utilisation réfléchie des odeurs, intégrée à une approche de soins holistique et centrée sur une relation de confiance, représente une option non pharmacologique prometteuse pour soutenir le bien-être des résidents en centre d’hébergement.
Lorsque je circule dans les milieux d’hébergement, je constate qu’encore peu de milieux ont recours à ces stratégies qui font du bien.
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Sources : Lygum, V. L., Mathiasen, N., Gunnarsen, L., & Voldbjerg, S. L. (2026). The potential of using smell and smellscapes at nursing homes to support the well-being of people with dementia. Journal of Aging and Environment.
Chiang, P. F., Liang, K.-L., & Huang, Y. C. (2026). Effects of essential oil aromatherapy on sleep, depression, and well-being among older adults: Implications for community health and social care. Health & Social Care in the Community, 2026, Article 6615339.