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Actes 'criminelles' et TNC
Bonjour,
Nous avons une personne atteint de TNC qui commit des vols en magasin, et est jugé inapte par le médecin (avec mandat d'inaptitude). La personne vie seule a domicile et se débrouille généralement bien avec un peu d'encadrement. Avons un employé qui passe des heures auprès de lui afin de l'accompagner faire ses courses et prévenir des vol, par contre, constatons que la personne continue de voler. La famille est épuiser et la personne refuse un hébergement (les mandataires souhaitent un hébergement). La personne sort quotidiennement en vélo et à pieds et un hébergement serait très contraignant. Il faut aussi noté que la personne à été placer lors de son enfance et ceci a été traumatique pour lui (nous pensons qu'il devait peut-être voler lors de son enfance afin de 'survivre' également).
Souhaitons éviter un ordonnance d'hébergement pour préserver son bien-être psychologique, mais nous pouvons pas avoir une personne…


Bonjour,
Merci d’avoir partagé cette situation particulièrement difficile. On sent que vous cherchez sincèrement à préserver l’autonomie, la dignité et le bien-être psychologique de cette personne, tout en protégeant sa sécurité et celle de ses proches. Ce type de décision est rarement évident, car aucune option n’est parfaite. Comme je ne connais pas tous les détails de la situation, mes conseils doivent être pris avec énormément de réserve et discutés avec le représentant ainsi qu’avec l’équipe interdisciplinaire.
De façon simplifiée, lorsqu’une personne est reconnue inapte, cela signifie que sa capacité à comprendre certaines informations, à apprécier les conséquences d’une décision ou à porter un jugement sécuritaire est altérée. L’inaptitude ne signifie pas que tous ses désirs doivent être ignorés ni qu’elle est incapable de faire tous les choix du quotidien. Son souhait de rester à domicile demeure important et devrait être entendu. Toutefois, le fait qu’elle désire vivre seule ne permet pas nécessairement de conclure qu’elle est en mesure d’évaluer adéquatement les risques associés à ce choix. Il faut donc chercher un équilibre entre le respect de ses préférences et l’obligation d’assurer sa protection.
L’épuisement de la famille doit aussi être reconnu avec beaucoup d’empathie. Les proches aidants peuvent aimer profondément la personne tout en n’ayant plus l’énergie ou les ressources nécessaires pour maintenir la situation actuelle. Cela ne représente pas un abandon ni un manque d’engagement. Lorsque la famille est disponible, qu’elle souhaite participer et que les risques peuvent être raisonnablement contrôlés, le maintien à domicile peut être favorisé. Cependant, on ne peut pas imposer aux proches une responsabilité qui met leur propre santé physique ou psychologique en danger.
Les vols constituent par ailleurs un risque réel. Au-delà des conséquences légales, la personne pourrait être confrontée, humiliée ou même subir de la violence de la part de quelqu’un qui ne comprend pas qu’elle présente des troubles neurocognitifs majeurs. Si son environnement ne peut être suffisamment encadré, elle se retrouve donc dans une situation de vulnérabilité importante.
Je suggérerais une analyse interdisciplinaire structurée des risques, des mesures déjà tentées et de leurs résultats. Il serait aussi pertinent d’explorer des solutions intermédiaires possibles dans la région. L’hébergement contre son gré ne devrait probablement pas être envisagé uniquement en raison des vols, mais plutôt à partir de l’ensemble de la situation : sécurité, jugement, épuisement des proches, efficacité des mesures actuelles et solutions de rechange possibles. C’est un risque calculé qui doit être examiné avec le représentant et l’équipe interdisciplinaire, en accordant une véritable place à la perspective de la personne. Comme je le disais d’entrée de jeu, ce n’est pas évident comme situation.
La formation suivante pourrait vous être utile : 3.19 Trouver l’équilibre dans la gestion des risques
Merci
Philippe