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Mélanie OzouxMélanie Ozoux
Mélanie Ozoux

OPQRSTU

Bonjour M. Voyer,

Je travaille en soins palliatifs et nous encourageons les infirmières à utiliser le OPQRSTU pour les aider à évaluer les différents symptômes. Lors de l'utilisation de l'outil OPQRSTU, comment bien distinguer le O du T? Si je me réfère au BC Centre for palliative care, le T n'est pas utilisé pour «temps» mais plutôt pour »traitement». La notion de temps sera plutôt abordé avec le O. Auriez-vous des exemples de questions pour évaluer un symptôme autre que la douleur pour bien distinguer le O des autres lettres svp?

Merci beaucoup!

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Bonjour,

Voici des vidéos explicatives de l’évolution de l’acronyme PQRST, PQRSTU et OPQRSTU, classées par numéro de capsule. Ces outils sont essentiels pour l'évaluation clinique infirmière (anamnèse) afin de documenter précisément un symptôme. Vous pouvez passer directement à la vidéo 74 pour obtenir une réponse à votre question…

Liste des vidéos

N° 2

Le PQRST en gériatrie

Regarder la vidéo

Explique comment utiliser l'angle d'analyse PQRST spécifiquement chez les aînés.


20 PQRST ou PQRSTU ?

Regarder la vidéo

Aborde la différence entre les deux versions et l'importance de l'histoire de santé.


38 Le PQRSTU encore lui !

Regarder la vidéo

Approfondit l'usage du PQRSTU pour n'importe quel symptôme (pas seulement la douleur).


74 Il y a eu le PQRST, le PQRSTU et maintenant le OPQRSTU!

Regarder la vidéo

Présente la plus récente évolution de l'acronyme avec l'ajout du O (Onset/Installation).

 

Merci pour votre question

Philippe

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Claudine FortierClaudine Fortier
Claudine Fortier

Chambre Répit

Bonjour,


Nous savons tous qu'une nouvelle admission dans une Unité d'Hébergement a un impact sur tous les usagers. Changement de routine, désorganisation, tentative d'adaptation , etc.

Malheureusement, dans un de nos milieux, il y a une place de répit qui est utilisée comme plaque tournante, admettant des nouveaux usagers à toutes les 2 semaines avec les impacts que l'on connait.

J'aimerais bien convaincre les gestionnaires de réviser cette façon de faire.


Outre mes observations cliniques, je cherche des documents ou études qui appuieraient mes observations sur les impacts d'une telle décision sur nos usagers


Pouvez-vous m'aider


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Prof Voyer
Prof Voyer
Il y a 3 jours

Bonjour madame Fortier,

Vous soulevez une préoccupation pertinente. Je vais vous offrir ma réponse en vous décrivant quelques éléments de connaissance, mais je l’espère sans me mettre entre vous et votre employeur…

La littérature scientifique montre bien que dans les milieux accueillant des personnes vivant avec un trouble neurocognitif majeur, toute perturbation de l’environnement peut avoir des répercussions sur leur bien-être. Ces personnes s’adaptent difficilement aux changements : leurs repères reposent sur une routine stable, un environnement prévisible et des relations continues avec des soignants qu’elles reconnaissent. Selon le modèle du seuil de stress abaissé (modèle Hall & Buckwalter), plus la maladie progresse, moins la personne est capable de tolérer les variations de son environnement. Même un changement mineur, l’arrivée d’un nouveau résident, un horaire modifié, du bruit ou des visages inconnus, peut accroître l’agitation, l’anxiété ou les troubles du sommeil.

Le modèle multimodal du delirium (Inouye) appuie aussi cette idée : lorsque l’environnement devient imprévisible ou trop stimulant, le cerveau fragilisé d’une personne âgée peut réagir par des épisodes de désorganisation ou de troubles du comportement et même un delirium.  Par ailleurs, les études sur le stress de transition et la relocalisation en soins de longue durée montrent clairement que chaque admission ou changement d’environnement augmente le risque de dépression, d’agitation et de déclin fonctionnel. Même les résidents qui ne présentent pas de troubles cognitifs peuvent ressentir ce stress d’adaptation. Chez ceux vivant avec un trouble neurocognitif majeur, ces effets sont souvent amplifiés.

Lorsque l’unité accueille régulièrement de nouveaux usagers, par exemple toutes les deux semaines, cela vient inévitablement perturber l’équilibre du groupe, la routine quotidienne et la charge émotionnelle du personnel. Dans une unité de soins, même un seul lit de répit utilisé de façon répétée peut déstabiliser l’ensemble de l’unité. Pour bien comprendre l’impact dans votre milieu, il faudrait considérer plusieurs éléments :

  • le nombre total de résidents dans l’unité (un changement a plus d’effet dans une petite unité que dans une grande) ;

  • le profil des personnes admises (présence ou non de troubles neurocognitifs majeurs, problèmes de comportements, besoins urgents, etc.) ;

  • la dotation du personnel et la capacité de l’équipe à absorber les variations de soins ;

  • la préparation et le soutien offerts au personnel et aux résidents permanents lors de chaque nouvelle admission.

En résumé, les changements fréquents fragilisent la stabilité du milieu et la qualité de vie des résidents les plus vulnérables, surtout lorsqu’ils ne s’accompagnent pas d’un ajustement organisationnel approprié. Il s’agit donc d’un enjeu réel, bien documenté, qui mérite d’être discuté collectivement entre gestionnaires et équipes de soins. Il est bien possible que vos gestionnaires soient aussi au courant de ces aspects, mais que pour d’autres raisons qu’on ne connaît pas qu’ils n’aient pas le choix d’avoir ce lit…

Merci pour votre question

Philippe

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Catherine PietteCatherine Piette
Catherine Piette

Mise en place de ridelles pour un usager à risque de chute

Quelle est la conduite à tenir quant à la présence de ridelles lors de la mise au lit et de la mise en place du tapis Smart. Dans le CH où je pratique, il y a une croyance qu'il est obligatoire de mettre 3 ridelles levées/4 au moment de la mise en place d'un smart pour un usager à risque de chute. C'est ce qui est véhiculé!

  • Selon moi, relève du jugement de l'infirmière selon la condition clinique et selon l'objectif visé par la mise en place de ces 3 ridelles. Il s'agit d'un "cas par cas" et non d'un conduite universelle.

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Prof Voyer
Prof Voyer
Il y a 7 jours

Bonjour,

Il convient de débuter ma réponse en rappeler qu’il fait se fier d’abord au jugement clinique plutôt qu’à des règles routinières ou à des traditions locales, surtout lorsque celles‑ci ne reposent pas sur des données probantes. Il est donc très sain, et même souhaitable, de questionner une pratique organisationnelle qui impose « 3 ridelles sur 4 » pour tout usager à risque de chute lors de l’utilisation d’un tapis Smart.

La littérature montre que les ridelles ne constituent pas, en soi, une stratégie de prévention des chutes à appliquer systématiquement. Elles peuvent, dans certains cas, être utiles (par exemple comme aide au repositionnement), mais elles peuvent aussi augmenter le risque de blessures graves si la personne tente de passer par‑dessus et chute de plus haut ou s’y coince. C’est pourquoi plusieurs guides de bonnes pratiques insistent sur l’importance d’évaluer au cas par cas plutôt que d’imposer une conduite universelle.

Dans la situation que vous décrivez, il n’y a aucune base pour rendre « obligatoire » la présence de 3 ridelles élevées pour tous les usagers à risque de chute lorsque le tapis Smart est en place. La question clé demeure : quel est l’objectif visé pour cette personne précise, à ce moment‑là, dans ce lit‑là ?

Enfin, il est important de rappeler que les contentions physiques, au sens strict, doivent limiter de façon significative la mobilité de la personne, ce qui n’est pas automatiquement le cas de toutes les configurations de ridelles. Cela ne signifie pas qu’on peut les utiliser sans réflexion, mais bien qu’il faut documenter clairement l’objectif, le raisonnement clinique, discuter des risques et bénéfices avec l’équipe (et idéalement avec la personne et/ou ses proches) et réévaluer régulièrement la pertinence. Pour certaines personnes, 3 ridelles pourraient ainsi être justifiées; mais en faire une règle systématique pour tous les usagers à risque de chute va clairement à l’encontre d’une pratique individualisée et sécuritaire.

Merci pour votre question

Philippe

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Catherine PietteCatherine Piette
Catherine Piette

Accès à la marchette en CH-Soir/nuit

La première est que les PAB disposent des marchettes sur le bord des murs des chambres des usagers. C'est donc dire que si l'usager veut se lever, il n'a pas accès à sa marchette. Ces professionnels sous-tendent que de la mettre à proximité est un encombrement supplémentaire et place l'usager à risque de chute. 

  • Selon moi, la marchette devrait être mise à proximité pour éviter le risque de chute et offrir un soutien si l'usager veut se lever. D'autant plus que si l'usager veut l'atteindre et qu'elle n'est pas accessible, ceci augmente son risque de chute.


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Bonjour, je m'occupe comme CSI des mesures de contrôle en CHSLD et un retrait d'accessoire de marche est considéré comme une mesure de contrôle car le désir/possibilité de la personne à déambuler est opprimé. Par contre, il est a considéré comme mentionne M. Voyer que le bon emplacement doit être considéré pour éviter d'autres accidents ou chutes de la personne elle meme ou de son voisin de chambre (si cest doublé).

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Alexandra SoucyAlexandra Soucy
Alexandra Soucy

Respect sommeil, milieu vie quand faire la toilette

Bonjour j'aimerais avoir votre aide, opinion en lien avec

En chsld nous sommes milieu de vie, on va essayer de respecter les habitudes de sommeil le plus possible. Alors le matin, les pabs vont commencer par les clients éveillés pour faire les soins hygiène. Par contre, certains clients si on ne les stimulent pas, ils dormiraient toutes la journée.. alors cedrtains pab utilisent l'argument de dire je respecte le sommeil je ne les reveille pas pour faire les soins. Est-ce que vous avez des recommandations, des écrits bref tout conseils ou suggestions.

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Prof Voyer
Prof Voyer
07 janv.

Bonjour,

J’ai déjà vécu cette situation également, et c’est là tout l’enjeu de la flexibilité dans les soins. En milieu d’hébergement comme le CHSLD, il est essentiel de respecter le plus possible les rythmes et habitudes de sommeil des résidentes et résidents, tout en maintenant un équilibre entre respect du rythme individuel et qualité de vie.

Cette flexibilité doit se refléter dans plusieurs aspects : le lever, les repas, le moment du changement de culottes ou encore la réalisation des soins d’hygiène. Cela dit, il vient un moment où il est nécessaire d’intervenir pour répondre à des besoins fondamentaux, tant sur le plan du confort que de la santé.

Dans certaines situations, notamment lorsque des personnes présentent une hypersomnie liée à un trouble neurocognitif majeur, elles pourraient dormir presque toute la journée sans stimulation. Lorsque cette situation s’est présentée dans mon milieu d’hébergement, nous nous étions donné des balises progressives :

  • D’abord, ouvrir la porte de la chambre à 11h pour permettre aux bruits ambiants de stimuler doucement le réveil.

  • Après environ 30 minutes si elle n’est pas réveillée, allumer la lumière et ouvrir les rideaux.

  • Si 30 minutes plus tard la personne ne se réveille toujours pas, aller doucement la voir, lui parler calmement, lui offrir un verre d’eau ou une petite stimulation bienveillante pour faciliter le lever.

Cela permet de respecter le rythme tout en posant des limites claires — par exemple, convenir d’une heure maximale où l’on s’assure que la personne soit levée afin qu’elle puisse manger, boire et participer à la vie collective.

Merci pour votre question pertinente

Philippe

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securite des personnes âgées, quand il rentrent dans un commerce

ce matin je suis allée chez le coiffeur, une personne âgées, quand elle est entrée dans le commerce a tombé à terre, sa fille était avec elle dans l'entrée ne savait pas quoi faire, un homme est venu de L'extérieur l'a soulevé a u début sa fille a essayé de la soulever toute seule pas capable, c'est homme par en arriere du dos, et elle par en avant qui a réussi à la mettre debout,


j'étais sur la chaise de la coiffeur, ma coiffeuse l'a vu s,est précipitée dans l'entrée ainsi que moi j'ai ouvert la marchette je lui ai dis de prendre la marchette elle m'a dit je viens de me faire opérer pour la hanche j'ai dit faut prendre la marchette absolument,


après lui avoir parlé un peu elle m'a dit qu'elle suit des cours de sécurité comment faire avec les marchettes quand il ,a une petite marche…

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Prof Voyer
Prof Voyer
14 déc. 2025

Bonjour,

C’est aux municipalités de faire la sensibilisation pour que la ville et ses commerces soient une municipalité amie des aînés.

Reconnaissance MADA - Soutien gouvernemental aux démarches des municipalités amies des aînés | Gouvernement du Québec

Plusieurs projets visent justement à favoriser des déplacements sécuritaires dans la ville.

Philippe

 

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eric menneneric mennen
eric mennen

Bonjour,


Dans le cadre de l'accompagnement des personnes en fin de vie, nous avons des discussions entre cadres soins quant à la bonne pratique en lien avec l'installation d'un humidificateur.

Les avis sont très partagés.

Est ce que ce soins est un réel confort rajouté ?

Grand merci pour vos réactions.

Eric


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Marie-Noelle Lemay
16 déc. 2025

Bonjour,


J'ai dix ans d'expertise en soins pulmonaires et ai déjà fait des présentations sur les soins palliatifs et la maladie pulmonaire.


Tout d'abord, je ne suis pas certaine si vous parlez d'un humidificateur pour air ambiant ou un humidificateur pour oxygène. Je vais donc aborder les deux figures de cas. Et parlant de cas, tout est du cas par cas.


En ce qui concerne l'humidificateur pour air ambiant, c'est généralement inutile, à moins que la personne n'y soit habituée et que ça la réconforte. En fait, si l'air est sec, mouiller puis faire sécher des serviettes dans la pièce fait le même travail, avec beaucoup moins d'entretien car un humidificateur peux facilement devenir source de moisissures si mal entretenu ou mal utilisé. Des soins de bouche réguliers avec les bons produits (rince bouche sans alcool et ou hydratant, lubrifiant ou baume à lèvres à base d'eau, on évite la glycérine et la vaseline, etc.) peuvent compenser pour une sécheresse buccale.


Pour ce qui est de l'oxygène, c'est une autre histoire. Mais la première question à se poser est : la personne a-t-elle vraiment besoin d'oxygène. Dans la plupart des cas, la personne n'a pas vraiment besoin d'oxygène, à moins de désaturer de façon importante et d'en être symptomatique. Porter une lunette nasale ou pire encore un masque est inconfortable et nous sommes en soins de confort. Si la personne est dyspnéique, et c'est habituellement la raison pour laquelle on donne de l'O2 en fin de vie, des méthodes simples comme avoir un ventilateur près d'elle qui lui envoie de l'air frais, de l'air climatisé l'été, ouvrir les fenêtres en dehors des températures extrêmes, lui rafraichir le visage, s'assurer que ses vêtements soient amples et ne serrent ni son torse, ni son cou ou encore relever sa tète de lit sont tout aussi efficaces que d'administrer de l'oxygène. L'administration de certains médicaments comme des anxiolytiques ou des opiacés peuvent aussi aider à soulager la dyspnée.


Maintenant, quelqu'un déjà connu pour maladie pulmonaire, particulièrement la fibrose pulmonaire et la MPOC sévère peut être oxygénodépendant et avoir besoin d'O2 jusqu'au bout de son parcours et dans certains cas, les besoins peuvent augmenter de façon fulgurante vers la fin.


L'humidification de l'oxygène n'est habituellement pas nécessaire à bas débit. Il faut toutefois retenir que l'O2 assèche, et plus le débit est élevé, plus il sera nécessaire d'humidifier l'O2. Si ma mémoire est bonne, il me semble que c'est à partir de 6L qu'on le fait de façon systématique, mais je peux me tromper. (Ça fait qq années que j'ai changé de spécialité.) Si la personne a les muqueuses sèches, l'application de lubrifiant à base d'eau peut aider.


Aussi, quelqu'un qui a une trachéo a souvent besoin d'humidité, surtout si elle est plus fraiche et produit encore des sécrétions, pour éviter les bouchons muqueux.


J'espère avoir pu répondre à vos questions. :-)

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Kathleen CharlandKathleen Charland
Kathleen Charland

Nouveau couple

Bonjour,

Je suis chef d'unité en CHSLD privé conventionné. J'ai partagé aujourd'hui à mes équipes votre capsule vidéo sur Est-ce que les aînés atteints de la maladie d’Alzheimer ont le droit à une vie sexuelle?

Ceci était en lien avec la formation d'un couple, homme et femme, sur notre unité prothétique, nous avons tout fait pour favoriser leur besoin d'affection, les familles étaient d'accord. La dame est atteinte d'alzheimer avec apahasie et le monsieur d'alzheimer, je dirais que leur niveau d'atteinte est assez similaire. Le monsieur a des antécédants de trauma important, ancien agent CIA et a fait infiltration dans des prisons en Amérique du Sud. Il peut être très méfiant et a des antécédants de comportements violents à son ancienne résidence. Mais tout se passe hyper bien avec madame jusqu'à maintenant. Pour le moment ce sont surtout des moments de tendresse, comme se tenir la main, becs, se touchent…

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Prof Voyer
Prof Voyer
10 déc. 2025

D’abord, un grand merci pour votre question. Les éléments clés de ma réponse seront la vigilance, l’observation fine du consentement au quotidien et l’ajustement des modalités d’intimité pour protéger la sécurité des deux personnes, sans brimer inutilement leur vie affective. Dans un contexte de double atteinte cognitive et de passé traumatique chez monsieur, il n’existe pas de « recette » parfaite, mais plutôt une démarche continue d’évaluation, de dialogue avec les familles et d’encadrement clinique prudent.

Consentement et indices comportementaux

Chez des personnes avec troubles neurocognitifs et aphasie, l’évaluation du consentement repose beaucoup sur l’ensemble des comportements observés : recherche mutuelle de proximité, confort visible, absence de signes de peur, de retrait ou d’agitation lorsque l’autre s’approche. Il devient alors essentiel que l’équipe observe systématiquement ce qui se passe entre les deux personnes dans les différents moments de la journée (repas, activités, soins) et partage ses observations, afin de repérer rapidement tout changement (retrait de madame, opposition, anxiété nouvelle, augmentation de la méfiance ou de l’irritabilité chez monsieur). Cette observation clinique devient la base de vos décisions sur le niveau d’intimité à permettre ou à restreindre, toujours en privilégiant d’abord leur bien-être.

Intimité, portes fermées et sécurité

Les résidents ont le droit à l’intimité et à des moments d’affection ou de sexualité en milieu d’hébergement, tant que le consentement est présent et que la sécurité n’est pas compromise. Cela n’implique pas nécessairement le fait de dormir ensemble ni d’offrir d’emblée une intimité complète porte fermée, surtout lorsqu’il existe des facteurs de risque. Dans votre situation, il semble prudent de favoriser d’abord des moments de proximité dans des espaces semi‑communs ou communs (salon, visionnement de films, activités de groupe, moments tranquilles dans une pièce commune), où ils peuvent être ensemble sans être constamment seuls et sans surveillance. L’accès à une intimité plus « complète » porte fermée pourrait, s’il devient pertinent, être envisagé graduellement, en fonction de la constance d’indices positifs de consentement, de l’absence de signaux de détresse et d’une entente claire avec les familles et l’équipe.

Gestion du risque lié aux antécédents de monsieur

Le passé traumatique de monsieur justifie une vigilance accrue, même si, avec les atteintes cognitives actuelles, ces comportements pourraient ne jamais se reproduire. Plusieurs études rappellent que la maladie neurocognitive modifie la personnalité, les défenses et la capacité de mettre en œuvre des scénarios violents complexes, mais que le risque ne peut jamais être considéré comme nul. Concrètement, il est possible d’instaurer :

  • Une consigne clinique claire : ne pas les laisser seuls de longues périodes derrière une porte fermée pour l’instant, tout en permettant des moments de tendresse visibles et respectueux.

  • Un suivi régulier en équipe de soins pour réévaluer les risques, la dynamique du couple et adapter vos balises au fil du temps.

L’objectif est de « marcher sur le fil » entre la protection de madame et le respect du droit de monsieur et de madame à une vie affective, sans basculer ni dans la banalisation du risque ni dans une interdiction systématique de leurs rapprochements.

Rôle de l’équipe, familles et modalités pratiques

Les recherches recommandent de ne pas décider seul, mais de travailler à partir d’une politique ou, à défaut, d’une démarche concertée incluant l’équipe, la direction, les familles et, autant que possible, les personnes elles‑mêmes. Il est pertinent de rencontrer les proches pour expliquer votre analyse du risque, vos observations positives actuelles, ainsi que les balises que vous proposez (lieux d’intimité, présence ou non de la porte fermée, modalités de surveillance discrète). Quant à « assister tout le long » si l’activité sexuelle allait plus loin, les recommandations éthiques sont claires : il n’est ni souhaitable ni respectueux que le personnel soit présent dans la chambre pendant l’acte lui‑même; le rôle de l’équipe est plutôt de baliser, d’évaluer le consentement, d’intervenir si des signaux de détresse apparaissent et de revoir les permissions si nécessaire. Ce qui peut être fait, par contre, est de :

  • Privilégier des périodes d’intimité limitées dans le temps, connues de l’équipe, avec vérification discrète avant et après.

  • Former le personnel à reconnaître rapidement les signes de détresse ou de refus non verbal et à intervenir sans jugement.

Ceci dit, je comprends que pour le moment, il ne semble pas y avoir d’intérêt à aller aussi lui dans l’intimité.

Reconnaître le risque d’erreur

Enfin, il faut aussi reconnaître qu’il est possible qu’on se trompe : il y a toujours un risque d’erreur, comme il est possible pour un médecin de prescrire le mauvais médicament ou pour un chirurgien de faire une erreur lors d’une chirurgie. Le risque d’erreur est possible. Ainsi, il faut tout mettre en œuvre pour éviter les erreurs, mais, s’il advient une problématique, on ne peut pas blâmer une équipe qui a respecté les balises reconnues pour la vie intime et sexuelle des aînés atteints de troubles cognitifs majeurs et qui a démontré tout au long de la bienveillance. En somme, c’est compliqué et il faut toujours mettre les intérêts des personnes en primauté et ne pas hésiter à réviser cette décision.

Philippe

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Isabelle-Audrey Lessard
Isabelle-Audrey Lessard

Évaluation NPI Versus Inventaire d'agitation de Cohen-Mansfield

Bonjour M. Voyer,

J'espère que vous allez bien.


J'aimerais savoir si l'une ou l'autre de ses évaluations est plus adapté en CHSLD.

Nous fonctionnons avec la Cohen-Mansfield mais les équipes SCPD qui nous viennent parfois en aide demande la NPI.

Avez vous un avis sur la question ?


Merci beaucoup,

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Prof Voyer
Prof Voyer
09 déc. 2025

Bonjour,

Voici ma réponse à votre question pertinente


La formation 2.02 aborde ces éléments d'information.

Merci

Philippe


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