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Questions générales

Public·157 membres

Santiago LozanoSantiago Lozano
Santiago Lozano

Merci beaucoup, et une nouvelle question sur notre cas précis

Bonjour Professeur Voyer,

Merci infiniment pour votre réponse aussi complète, et pour la référence Bilodeau & Voyer 2017 ainsi que pour la version espagnole — je vais l'utiliser directement pour les cartes de terrain, à la place de la traduction que j'avais construite à partir de la version anglaise.

Je me permets de revenir vers vous avec le contexte complet de notre établissement, parce que j'aimerais avoir votre avis sur la meilleure façon d'en tirer le plus de valeur.

Le contexte :

  • 24 résidents, une large proportion avec démence (modérée à sévère pour plusieurs d'entre eux).

  • Aucun médecin sur place en permanence ; personnel infirmier auxiliaire, par quarts rotatifs, sans formation gériatrique spécialisée.


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Prof Voyer
Prof Voyer
Avant-hier

Bonjour,

Merci pour votre question!

Le premier élément à considérer est pourquoi on administre le RADAR et auprès de qui. On l'utilise généralement auprès des groupes à risque, soit les personnes âgées susceptibles de développer un delirium. Dans les milieux d'hébergement, nous avons publié des critères permettant de cibler les résidents les plus susceptibles d'en développer un. C'est auprès de ce groupe qu'il est pertinent de compléter le RADAR. En procédant ainsi, vous ne devriez généralement pas rencontrer d'enjeu important de faux positifs.

Development of a delirium risk screening tool for long-term care facilities - PubMed

Cela dit, il est vrai que certaines comorbidités neurologiques peuvent compliquer la cotation. Par exemple, une personne présentant un parkinsonisme avec une atteinte motrice importante pourrait influencer la cotation de certains items et donner lieu à un RADAR toujours positif. Si ce scénario se produit, je vous suggère plutôt de cesser d'utiliser le RADAR chez ce résident, puisqu'il n'y aura pas de réelle valeur ajoutée à le maintenir. Vous pourriez alors privilégier, chez cette population à risque, des éléments d'observation maison établis selon le profil particulier de la personne.

Je porte tout de même votre attention sur le fait que l'outil RADAR a été validé auprès de centaines de résidents, dans plusieurs études et dans différentes langues. L'enjeu des faux positifs est souvent soulevé théoriquement, mais sur le terrain, dans les études réalisées, ce phénomène demeure plutôt rare. Cela dit, tous les outils comportent des limites, y compris le RADAR. Ainsi, si le RADAR s'avère toujours positif de façon inappropriée chez un résident en particulier, il vaut mieux cesser de l'utiliser chez cette personne.

Lorsqu'un RADAR est positif, vous pouvez en discuter rapidement avec le personnel infirmier. Celui-ci pourra déterminer, selon la clarté des manifestations cliniques, s'il est possible de passer directement à un avis médical ou à une consultation avec une infirmière praticienne spécialisée pour orienter les examens approfondis à réaliser. Si les manifestations demeurent ambiguës à la suite du RADAR, il est préférable de compléter un 4AT.

J'espère que ces éléments répondent bien à votre question.

Philippe

Francine MartelFrancine Martel
Francine Martel

Bonjour M.Voyer

Je voudrais savoir s'il est toujours requis de faire des rencontres avec les personnes responsables des résidents(famille, mandataires) quand il faut établir le PTI.Et, le fait qu'une personne soit en hébergement temporaire,plutôt que permanent,dans une unité de soins est-il un motif de ne pas faire cette rencontre.Nous savons que les hébergements temporaires peuvent durer plusieurs mois, si ce n'est plusieurs années.

Merci à l'avance pour votre attention

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Prof Voyer
Prof Voyer
Il y a 5 jours

Bonjour,

Merci pour votre excellente question, qui touche un enjeu fondamental de la pratique.

Pour répondre directement, oui, il demeure requis d'aller chercher l'information auprès des proches ou du représentant légal lorsqu'on établit un PTI et qu’on planifie les soins. Le caractère temporaire de l'hébergement n'est absolument pas un motif pour s'en dispenser. Au contraire.

Pourquoi la collecte de données auprès des proches est incontournable

L'élaboration d'un PTI repose sur une évaluation et une collecte de données. Pour que les constats reflètent réellement la situation du résident et qu'ils aient une bonne crédibilité clinique, il faut aller chercher le plus d'informations possible. Dans tous les guides et documents traitant de la planification des soins auprès d'une personne atteinte de troubles neurocognitifs majeurs, on retrouve la même position, on doit poser des questions aux proches. S'il y a plusieurs proches et que leurs avis divergent, on se tourne alors vers le représentant légal.

Pourquoi l'hébergement temporaire rend cette démarche encore plus pertinente

On pourrait penser que le caractère transitoire de l'hébergement justifie d'alléger cette étape. C'est l'inverse qui est vrai. Un milieu d'hébergement temporaire est généralement moins personnalisé, puisque l'organisation des soins n'est pas pensée en fonction d'un séjour prolongé. Or, l'impact de la transition dans un tel milieu peut être considérable sur le sommeil, l'alimentation, le risque de délirium et l'apparition d'autres symptômes comportementaux. Sans les informations transmises par les proches, le personnel soignant n'a tout simplement pas accès aux repères essentiels pour bien comprendre les enjeux qui touchent le résident et pour offrir des soins réellement adaptés.

Vous soulevez aussi un point important, plusieurs hébergements dits « temporaires » s'étendent sur plusieurs mois. Cela renforce d'autant plus la nécessité de bien documenter la situation dès le départ, car un plan de soins mal étayé au moment de l'accueil peut avoir des répercussions sur toute la durée du séjour.

N'hésitez pas si vous avez d'autres questions.

Philippe

Santiago LozanoSantiago Lozano
Santiago Lozano

RADAR en soins de longue durée : personnel auxiliaire et version espagnole

Bonjour Professeur Voyer,


Je vous écris depuis l'Uruguay. Je suis étudiant en génie et je développe, dans le cadre de mon mémoire, un système de détection précoce du delirium dans un établissement de soins de longue durée.


Le contexte : 24 résidents, forte prévalence de démence, aucun médecin sur place en permanence. Le RADAR serait rempli deux fois par jour pendant la tournée de prise de tension artérielle, celle-ci étant la seule tâche déjà intégrée à la routine à laquelle on puisse le rattacher.


J'aurais quelques questions, si vous avez le temps.


1. Le RADAR a-t-il déjà été utilisé par du personnel auxiliaire non licencié, des préposés aux bénéficiaires plutôt que des infirmières ? Chez nous, le dépistage serait rempli par des auxiliaires qui alternent d'un quart à l'autre. Les travaux que j'ai trouvés, la validation de 2015, celle de Sepúlveda en espagnol, l'implantation avec Lewallen, reposent tous sur du…


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Prof Voyer
Prof Voyer
05 sept.

Bonjour Santiago,

Merci beaucoup pour votre intérêt envers le RADAR et pour la qualité de vos questions. Je suis content de constater qu'au terme de votre analyse, vous considérez que le RADAR est l'outil qui s'intègre le mieux à la pratique et à la routine réelle des soins. C'est exactement la raison pour laquelle mon équipe et moi avons conçu cet outil, alors votre commentaire me touche particulièrement.

Voici mes réponses à vos questions.


1. Utilisation par du personnel auxiliaire non licencié

Oui, le RADAR a déjà été validé dans un contexte d'utilisation par du personnel non infirmier. Vous pouvez consulter la référence suivante à ce sujet

  • Bilodeau, C., Voyer, P. (2017). RADAR: un outil valide pour le repérage du syndrome confusionnel aigu (delirium) en résidences intermédiaires. NPG – Neurologie – Psychiatrie – Geriatrie, 17(98), 144-151,  http://dx.doi.org/10.1016/j.npg.2016.04.004

Ce vide dans la littérature que vous mentionnez n'est donc pas total, mais votre travail avec des auxiliaires en Uruguay demeure une contribution originale et pertinente.


2. Gestion d'un résultat positif en l'absence de médecin sur place

Votre préoccupation est tout à fait légitime, et c'est un enjeu central dans l'implantation du RADAR. L'essentiel est de mettre en place un corridor de service clair, c'est-à-dire que lorsqu'un résident obtient un résultat positif au RADAR, une évaluation plus approfondie soit effectuée sans délai par le personnel infirmier, qui pourra ensuite déterminer si une consultation médicale ou une communication avec le médecin traitant est nécessaire. Sans ce corridor, votre crainte va effectivement se concrétiser, le personnel perdra confiance en l'outil et cessera de l'utiliser correctement. Ce corridor doit être défini et connu de tous avant même le début de la collecte de données.


3. Version espagnole et adaptation régionale

Oui, une version espagnole du RADAR existe. Je vous la transmets avec cette réponse.

*** RADAR ***


Je vous souhaite beaucoup de succès dans votre projet de mémoire, et n'hésitez pas à revenir vers moi si d'autres questions se présentent au fil de son avancement.


Cordialement,

Philippe Voyer

Kathleen CharlandKathleen Charland
Kathleen Charland

Réminescence négative

Bonjour M. Voyer,

J'aimerais vous partager une situation que nous vivons avec une de nos résidente atteinte de troubles cognitifs. Dernièrement, nous avons remarqué qu'elle s'isole plus à sa chambre et pleure plus souvent. En lien avec ceci, les PAB ont remarqués que Mme, lorsqu'elle regarde les photos de sa famille affichées sur le mur de sa chambre, elle se met à pleurer et ne veut plus sortir de sa chambre. Ce n'est pas tous les jours qu'elle réagit ainis avec les photos, mais c'est assez pour qu'on fasse un lien avec son isolement et tristesse. Ma question est: puisque ces photos amènent une réminescence qui semble négative serait-il adéquat de les rétirer pour un certain temps? On ne sait pas si ce serait positif ou négatif, et on veut respecter son environnement où la famille lui a installer des souvenirs, mais en même temps on a l'impression que de…

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Prof Voyer
Prof Voyer
25 août

Bonjour Madame Charland,


Merci beaucoup pour votre question. Il me fait plaisir d’y répondre, mais il est important de préciser que cette réponse doit être interprétée avec beaucoup de réserve. Je ne connais ni Mme, ni son milieu de vie, et je n’ai procédé à aucune évaluation clinique. Je vous transmets donc des pistes générales à partir des informations que vous avez partagées.

En règle générale, les photos personnelles dans la chambre constituent une excellente approche. Elles contribuent à personnaliser le milieu de vie, soutiennent l’histoire de vie, facilitent les échanges avec l’équipe et peuvent évoquer des souvenirs agréables. Toutefois, lors de la collecte de l’histoire de vie, il importe aussi de repérer, avec les proches, les sujets ou les souvenirs pouvant être sources de détresse ou de conflit. Selon ce que rapporte la famille, il peut parfois être préférable de ne pas exposer certaines photos lorsqu’elles font revivre des souvenirs très douloureux et plongent la personne dans un état de tristesse ou de détresse.

Dans le cas présent, si les observations de l’équipe montrent de façon relativement constante que certaines photos sont associées à des pleurs, à un repli dans la chambre ou à une tristesse importante, il est raisonnable de remettre en question leur présence. Il pourrait être pertinent de retirer temporairement les photos concernées et de les remplacer par une autre décoration personnalisée, mais moins susceptible de raviver une souffrance. L’objectif n’est pas de rendre la chambre impersonnelle, mais plutôt de vérifier si un environnement différent favorise davantage son bien-être. Avec les personnes vivant avec des troubles neurocognitifs majeurs, nous devons ajuster nos interventions afin de leur offrir le plus de bien-être possible.

Même lorsqu’une approche est généralement appuyée par les études scientifiques, elle ne convient pas nécessairement à toutes les personnes, dans toutes les situations. C’est un peu comme pour l’hypertension : un médicament peut être reconnu comme efficace et pertinent, mais il peut ne pas donner le résultat attendu chez une personne précise. Il faut alors réévaluer la situation et ajuster l’intervention. Il serait donc utile de documenter les réactions de Mme avant et après ce changement afin de vérifier si cette adaptation lui est réellement bénéfique.


Enfin, le fait qu’elle soit moins active, présente un regard fixe et semble différente de son état habituel devrait aussi inciter l’équipe à demander une évaluation infirmière. Un changement aussi marqué peut révéler une condition sous-jacente, notamment un delirium hypoactif, qui nécessiterait une évaluation clinique plus approfondie et, au besoin, une discussion avec le médecin ou l’infirmière praticienne spécialisée.


Bonne réflexion à toute l’équipe,

Philippe

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