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Le virage numérique en soins infirmiers : cesser de subir, commencer à concevoir

il y a 5 minutes
2 min de lecture


La télésanté réduit les admissions à l’urgence chez les personnes atteintes de maladies chroniques. Le dossier clinique informatisé surpasse le papier en matière d’exhaustivité, de structure et de lisibilité. La réalité virtuelle améliore les connaissances des étudiantes. Ces résultats, rapportés par Booth et ses collègues dans le BMJ, ne relèvent plus de l’imagination. Ils sont maintenant documentés.


Pourtant, un constat demeure. La profession infirmière n’a pas suivi le rythme de la transformation numérique. Le principal frein n’est pas nécessairement technologique, mais aussi éducatif et politique. Trop souvent, le personnel infirmier doit utiliser des systèmes conçus sans sa participation, ce qui fait en sorte qu’ils ne sont pas adaptés à sa pratique.


Adopter une technologie ne signifie pas automatiquement innover. La véritable question est de savoir si elle répond à un besoin clinique, améliore les soins et respecte les réalités des personnes soignées et des professionnels. C’est pourquoi la discipline infirmière doit prendre la parole dans ce virage numérique. Le personnel infirmier doit être en mesure de comprendre les technologies, d’en reconnaître les limites et surtout de contribuer à définir ce qui est pertinent et ce qui convient réellement à la pratique.


La même prudence s’impose avec l’intelligence artificielle. Ses bénéfices cliniques et son efficience restent encore à démontrer dans plusieurs domaines. Il faut donc éviter autant l’enthousiasme aveugle que le rejet systématique. La profession infirmière doit être suffisamment outillée pour questionner les algorithmes, leurs biais et leurs impacts sur les soins.


C’est d’ailleurs dans cet esprit que s’inscrivent mes formations sur l’innovation et les technologies en santé, ainsi que mes webinaires sur la démystification des technologies. L’objectif n’est pas de faire adopter la technologie à tout prix, mais de contribuer à développer, au sein de la profession infirmière, la capacité à comprendre, questionner et choisir.


À la Faculté des sciences infirmières de l’Université Laval, nous sommes également engagés dans cette réflexion en travaillant actuellement à bonifier le contenu numérique de notre programme, afin de mieux préparer la relève à cette transformation.


Le numérique ne remplacera ni la relation thérapeutique ni le jugement clinique. Mais il transforme le contexte dans lequel la profession infirmière s’exerce. Plutôt que de subir cette transformation, la discipline infirmière doit participer à la façonner.


Si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet, inscrivez-vous à notre activité du 17 septembre à Rimouski : www.philippevoyer.org/event-details/innover-dans-les-soins-aux-aines-3



Innover en synergie avec nos partenaires


PARTENAIRES DIAMANT

Domedic : Le spécialiste du circuit du médicament informatisé et sécurisé

Gustav (Hospitalis) : Une plateforme numérique de coordination clinique moderne et éprouvée


PARTENAIRES OR


Source:  Booth, R. G., Strudwick, G., McBride, S., O'Connor, S., & Solano López, A. L. (2021). How the nursing profession should adapt for a digital future. BMJ, 373, n1190.

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