Mise en place de ridelles pour un usager à risque de chute
Quelle est la conduite à tenir quant à la présence de ridelles lors de la mise au lit et de la mise en place du tapis Smart. Dans le CH où je pratique, il y a une croyance qu'il est obligatoire de mettre 3 ridelles levées/4 au moment de la mise en place d'un smart pour un usager à risque de chute. C'est ce qui est véhiculé!
Selon moi, relève du jugement de l'infirmière selon la condition clinique et selon l'objectif visé par la mise en place de ces 3 ridelles. Il s'agit d'un "cas par cas" et non d'un conduite universelle.
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Bonjour,
Il convient de débuter ma réponse en rappeler qu’il fait se fier d’abord au jugement clinique plutôt qu’à des règles routinières ou à des traditions locales, surtout lorsque celles‑ci ne reposent pas sur des données probantes. Il est donc très sain, et même souhaitable, de questionner une pratique organisationnelle qui impose « 3 ridelles sur 4 » pour tout usager à risque de chute lors de l’utilisation d’un tapis Smart.
La littérature montre que les ridelles ne constituent pas, en soi, une stratégie de prévention des chutes à appliquer systématiquement. Elles peuvent, dans certains cas, être utiles (par exemple comme aide au repositionnement), mais elles peuvent aussi augmenter le risque de blessures graves si la personne tente de passer par‑dessus et chute de plus haut ou s’y coince. C’est pourquoi plusieurs guides de bonnes pratiques insistent sur l’importance d’évaluer au cas par cas plutôt que d’imposer une conduite universelle.
Dans la situation que vous décrivez, il n’y a aucune base pour rendre « obligatoire » la présence de 3 ridelles élevées pour tous les usagers à risque de chute lorsque le tapis Smart est en place. La question clé demeure : quel est l’objectif visé pour cette personne précise, à ce moment‑là, dans ce lit‑là ?
Enfin, il est important de rappeler que les contentions physiques, au sens strict, doivent limiter de façon significative la mobilité de la personne, ce qui n’est pas automatiquement le cas de toutes les configurations de ridelles. Cela ne signifie pas qu’on peut les utiliser sans réflexion, mais bien qu’il faut documenter clairement l’objectif, le raisonnement clinique, discuter des risques et bénéfices avec l’équipe (et idéalement avec la personne et/ou ses proches) et réévaluer régulièrement la pertinence. Pour certaines personnes, 3 ridelles pourraient ainsi être justifiées; mais en faire une règle systématique pour tous les usagers à risque de chute va clairement à l’encontre d’une pratique individualisée et sécuritaire.
Merci pour votre question
Philippe