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Questions générales

Public·158 membres

Santiago LozanoSantiago Lozano
Santiago Lozano

Merci beaucoup, et une nouvelle question sur notre cas précis

Bonjour Professeur Voyer,

Merci infiniment pour votre réponse aussi complète, et pour la référence Bilodeau & Voyer 2017 ainsi que pour la version espagnole — je vais l'utiliser directement pour les cartes de terrain, à la place de la traduction que j'avais construite à partir de la version anglaise.

Je me permets de revenir vers vous avec le contexte complet de notre établissement, parce que j'aimerais avoir votre avis sur la meilleure façon d'en tirer le plus de valeur.

Le contexte :

  • 24 résidents, une large proportion avec démence (modérée à sévère pour plusieurs d'entre eux).

  • Aucun médecin sur place en permanence ; personnel infirmier auxiliaire, par quarts rotatifs, sans formation gériatrique spécialisée.

  • Le RADAR est rempli deux fois par jour, pendant la tournée de prise de tension artérielle déjà existante : le matin, et en fin d'après-midi (vers 17h). C'est une contrainte horaire fixe côté établissement — nous ne pouvons pas ajouter une troisième prise.

  • Nous savons donc, d'après vos travaux, que cela nous place en dessous des conditions de validation optimales (trois ou quatre applications par jour), et nous le déclarons comme limitation assumée dans le mémoire.

Notre problème spécifique :


Chez plusieurs résidents avec démence modérée à sévère, nous anticipons que certains items du RADAR pourraient ressortir positifs de façon quasi permanente — non pas à cause d'un delirium aigu, mais parce que c'est leur état basal chronique (confusion, désorientation déjà présentes au quotidien). Un seuil binaire appliqué de la même façon à tous les résidents perdrait donc beaucoup de sa valeur chez ce sous-groupe.

Notre idée, pour contourner cela : au lieu d'interpréter chaque résultat RADAR de façon isolée, construire d'abord une ligne de base individuelle par résident (deux à trois semaines d'observation), puis utiliser un modèle de détection d'anomalies non supervisé qui compare chaque nouvelle observation à ce patron propre — en combinant le RADAR avec d'autres données déjà collectées en routine (tension artérielle, médication et rejets de dose, élimination intestinale, poids). L'idée est de détecter un écart par rapport au patron habituel du résident, plutôt qu'un simple score positif/négatif dans l'absolu.

Notre question : dans notre situation — deux applications par jour, population avec forte prévalence de démence, personnel auxiliaire sans médecin sur place — que feriez-vous, vous, pour tirer le maximum de valeur clinique du RADAR ? Est-ce que cette approche de ligne de base individuelle vous semble raisonnable pour gérer le problème des faux positifs chroniques liés à la démence, ou y a-t-il une autre façon, plus simple ou plus robuste, que vous recommanderiez à partir de votre expérience de terrain ?

Par ailleurs, si cela vous intéresse et que votre emploi du temps le permet, nous serions ravis de coordonner une courte rencontre en ligne (en anglais, si cela vous convient mieux) pour échanger directement sur ces questions.

Encore merci pour votre disponibilité et votre générosité.

Cordialement,


Santiago

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Prof Voyer
Prof Voyer
10 sept.

Bonjour,

Merci pour votre question!

Le premier élément à considérer est pourquoi on administre le RADAR et auprès de qui. On l'utilise généralement auprès des groupes à risque, soit les personnes âgées susceptibles de développer un delirium. Dans les milieux d'hébergement, nous avons publié des critères permettant de cibler les résidents les plus susceptibles d'en développer un. C'est auprès de ce groupe qu'il est pertinent de compléter le RADAR. En procédant ainsi, vous ne devriez généralement pas rencontrer d'enjeu important de faux positifs.

Development of a delirium risk screening tool for long-term care facilities - PubMed

Cela dit, il est vrai que certaines comorbidités neurologiques peuvent compliquer la cotation. Par exemple, une personne présentant un parkinsonisme avec une atteinte motrice importante pourrait influencer la cotation de certains items et donner lieu à un RADAR toujours positif. Si ce scénario se produit, je vous suggère plutôt de cesser d'utiliser le RADAR chez ce résident, puisqu'il n'y aura pas de réelle valeur ajoutée à le maintenir. Vous pourriez alors privilégier, chez cette population à risque, des éléments d'observation maison établis selon le profil particulier de la personne.

Je porte tout de même votre attention sur le fait que l'outil RADAR a été validé auprès de centaines de résidents, dans plusieurs études et dans différentes langues. L'enjeu des faux positifs est souvent soulevé théoriquement, mais sur le terrain, dans les études réalisées, ce phénomène demeure plutôt rare. Cela dit, tous les outils comportent des limites, y compris le RADAR. Ainsi, si le RADAR s'avère toujours positif de façon inappropriée chez un résident en particulier, il vaut mieux cesser de l'utiliser chez cette personne.

Lorsqu'un RADAR est positif, vous pouvez en discuter rapidement avec le personnel infirmier. Celui-ci pourra déterminer, selon la clarté des manifestations cliniques, s'il est possible de passer directement à un avis médical ou à une consultation avec une infirmière praticienne spécialisée pour orienter les examens approfondis à réaliser. Si les manifestations demeurent ambiguës à la suite du RADAR, il est préférable de compléter un 4AT.

J'espère que ces éléments répondent bien à votre question.

Philippe

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