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Critères d'accessibilité pour les MDA

Bonjour M. Voyer,

Je souhaiterais échanger avec vous ou avec des collègues concernant la vision initiale des MDAA, ainsi que les orientations qui ont guidé les critères d'admission lors de leur déploiement.

Depuis l'ouverture des MDAA, nous observons certains défis liés au maintien de quelques éléments de la philosophie et des concepts présentée a l'origine, notamment la participation des résidents aux AVD, AVQ ainsi qu'a la vie sociale de leur maisonnée.

Une des hypothèses que nous explorons est liée au profil de la clientèle actuellement admise. Plusieurs nouveaux résidents présentent des niveaux ISO-SMAF 12, 13 et 14 (diminution importantes des capacités physiques et cognitives l'imitant leurs participations aux AVD, AVQ et participation a la vie sociale).

Je me questionne également sur la place des personnes ne présentant pas de diagnostic de TNCM. Faisaient-elles partie de la clientèle visée? Existe-t-il des orientations ou des documents qui précisent les attentes a cet égard?

Merci de vos commentaires et partages.

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Prof Voyer
Prof Voyer
24 août

Bonjour Mme Picard,


Merci beaucoup pour votre question, qui est très pertinente.


Dans la vision initiale des maisons des aînés (MDA), l’un des objectifs centraux était d’éviter les transitions évitables entre les milieux de vie. Pour les personnes présentant une condition évolutive prévisible, notamment un trouble neurocognitif majeur, l’idée était de pouvoir être admis plus tôt dans leur trajectoire, autour des profils ISO-SMAF 7 ou 8. Elles auraient alors pu demeurer dans la même MDA jusqu’à la fin de leur vie, plutôt que de connaître un passage d’une RPA ou d’une ressource intermédiaire vers l’hébergement.


Cette orientation était étroitement liée à la philosophie des MDA : des maisonnées vivantes, des espaces occupationnels, une participation adaptée aux activités de la vie quotidienne et domestique, ainsi qu’une vie sociale significative. Bien entendu, les personnes atteignant éventuellement les profils ISO-SMAF 12, 13 ou 14 faisaient partie de la clientèle anticipée. Toutefois, elles devaient idéalement y parvenir après avoir été admises à un stade antérieur de leur parcours.


Lorsque les admissions se font principalement à des profils ISO-SMAF 12 à 14, la situation est différente. Les limitations physiques et cognitives importantes, la mobilité très réduite et, parfois, le temps passé au lit limitent nécessairement les possibilités de profiter des espaces, de participer aux AVD et aux AVQ ou de s’engager dans la vie sociale de la maisonnée. Cela transforme aussi la dynamique du milieu et accroît les besoins d’accompagnement du personnel. La charge de travail est augmentée.


À l’origine, il était également envisagé que les admissions tiennent compte, dans la mesure du possible, des intérêts, des habitudes de vie, des passions et du type de personnalité des personnes. Cette approche devait soutenir la création de maisonnées cohérentes. Des regroupements pouvaient aussi être envisagés pour des personnes ayant une déficience physique sans trouble neurocognitif majeur. Ainsi, les personnes sans diagnostic de trouble neurocognitif majeur faisaient bien partie de la clientèle visée.


À mon avis, les difficultés observées reflètent surtout l’écart grandissant entre la demande et l’offre d’hébergement. Lorsque les places sont insuffisantes, les admissions surviennent très tardivement, auprès de personnes ayant des besoins très élevés (ISO-SMAF élevé). Cela fragilise inévitablement la réalisation de la philosophie initiale des MDA.

Il faudrait donc agir à la fois sur l’accès à l’hébergement, le soutien à domicile et l’ensemble du continuum de soins. Voir le document ci-dessous :

 

Merci pour votre question

Philippe

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