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Questions générales

Public·129 membres

eric menneneric mennen

Bonjour,


Dans le cadre de l'accompagnement des personnes en fin de vie, nous avons des discussions entre cadres soins quant à la bonne pratique en lien avec l'installation d'un humidificateur.

Les avis sont très partagés.

Est ce que ce soins est un réel confort rajouté ?

Grand merci pour vos réactions.

Eric



88 vues
Marie-Noelle Lemay
16 déc. 2025

Bonjour,


J'ai dix ans d'expertise en soins pulmonaires et ai déjà fait des présentations sur les soins palliatifs et la maladie pulmonaire.


Tout d'abord, je ne suis pas certaine si vous parlez d'un humidificateur pour air ambiant ou un humidificateur pour oxygène. Je vais donc aborder les deux figures de cas. Et parlant de cas, tout est du cas par cas.


En ce qui concerne l'humidificateur pour air ambiant, c'est généralement inutile, à moins que la personne n'y soit habituée et que ça la réconforte. En fait, si l'air est sec, mouiller puis faire sécher des serviettes dans la pièce fait le même travail, avec beaucoup moins d'entretien car un humidificateur peux facilement devenir source de moisissures si mal entretenu ou mal utilisé. Des soins de bouche réguliers avec les bons produits (rince bouche sans alcool et ou hydratant, lubrifiant ou baume à lèvres à base d'eau, on évite la glycérine et la vaseline, etc.) peuvent compenser pour une sécheresse buccale.


Pour ce qui est de l'oxygène, c'est une autre histoire. Mais la première question à se poser est : la personne a-t-elle vraiment besoin d'oxygène. Dans la plupart des cas, la personne n'a pas vraiment besoin d'oxygène, à moins de désaturer de façon importante et d'en être symptomatique. Porter une lunette nasale ou pire encore un masque est inconfortable et nous sommes en soins de confort. Si la personne est dyspnéique, et c'est habituellement la raison pour laquelle on donne de l'O2 en fin de vie, des méthodes simples comme avoir un ventilateur près d'elle qui lui envoie de l'air frais, de l'air climatisé l'été, ouvrir les fenêtres en dehors des températures extrêmes, lui rafraichir le visage, s'assurer que ses vêtements soient amples et ne serrent ni son torse, ni son cou ou encore relever sa tète de lit sont tout aussi efficaces que d'administrer de l'oxygène. L'administration de certains médicaments comme des anxiolytiques ou des opiacés peuvent aussi aider à soulager la dyspnée.


Maintenant, quelqu'un déjà connu pour maladie pulmonaire, particulièrement la fibrose pulmonaire et la MPOC sévère peut être oxygénodépendant et avoir besoin d'O2 jusqu'au bout de son parcours et dans certains cas, les besoins peuvent augmenter de façon fulgurante vers la fin.


L'humidification de l'oxygène n'est habituellement pas nécessaire à bas débit. Il faut toutefois retenir que l'O2 assèche, et plus le débit est élevé, plus il sera nécessaire d'humidifier l'O2. Si ma mémoire est bonne, il me semble que c'est à partir de 6L qu'on le fait de façon systématique, mais je peux me tromper. (Ça fait qq années que j'ai changé de spécialité.) Si la personne a les muqueuses sèches, l'application de lubrifiant à base d'eau peut aider.


Aussi, quelqu'un qui a une trachéo a souvent besoin d'humidité, surtout si elle est plus fraiche et produit encore des sécrétions, pour éviter les bouchons muqueux.


J'espère avoir pu répondre à vos questions. :-)

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