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Utilisation du bracelet anti-errance
Bonjour Philippe,
Nous envisageons de recourir à l'utilisation d'un bracelet anti-errance pour des résidents fugueurs de catégorie 4. Outre la géolocalisation, et la sortie de zone, le système complet, peut même permettre de sécuriser les portes de sortie lorsque le résident qui porte le bracelet s'en approche (déverrouillable à l'aide d'un code évidemment).
Nous aimerions avoir ton avis à savoir si ce type de système pourrait représenter un enjeu de contention.
Merci à l'avance pour ta réponse,
Stéphane

Bonjour Monsieur Bergeron (je te vouvoie pour le forum…),
Je vous remercie pour votre question, qui soulève un enjeu important, mais qui demeure parfois peu explicité dans nos milieux de soins.
On ne le nomme pas toujours ainsi, mais les portes codées présentes dans plusieurs unités, qui empêchent des personnes atteintes de troubles neurocognitifs majeurs de quitter librement, sont une forme de contention physique. Elles restreignent la liberté de circulation, même si leur objectif principal est d’assurer la sécurité des résidents. On parle souvent de contention environnementale à leur sujet. Elles sont moins restrictives qu’une contention comme une bande abdominale, mais elles restreignent la liberté et le résident n’est pas en mesure de les contourner.
Dans le cas du système que vous envisagez, le principe est comparable. Un bracelet qui déclenche le verrouillage des portes lorsqu’un résident s’en approche constitue, sur le plan conceptuel, une mesure de contention. Ce type de dispositif peut également contribuer à une forme d’isolement, comme on peut l’observer dans certaines unités prothétiques ou milieux d’hébergement.
Cela dit, ces pratiques doivent être comprises dans un contexte clinique où les risques sont bien réels. Les milieux d’hébergement accueillent majoritairement des personnes très vulnérables, souvent désorientées, avec des problèmes de comportement et de la déambulation, ce qui augmente le risque de sorties non sécuritaires. Les établissements ont d’ailleurs une obligation légale de protéger la santé et la sécurité des résidents, notamment en prévenant les égarements.
La présence fréquente de portes codées s’explique donc par cette combinaison entre un profil de clientèle à haut risque et une responsabilité de protection. Il ne s’agit pas d’une obligation formelle imposant les portes codées partout, mais plutôt d’une réponse organisationnelle largement adoptée pour gérer ces risques. Dans le contexte de la nouvelle politique d’hébergement et de soins de longue durée, avec une vision du risque calculé et de la décision partagée, on pourrait davantage remettre en question ces pratiques. Mais même les villages Alzheimer comportent des restrictions…
Enfin, la technologie que vous proposez présente un avantage intéressant. Elle peut permettre un meilleur équilibre entre sécurité et liberté, en offrant davantage de mobilité à l’intérieur de l’établissement, voire dans des zones extérieures sécurisées grâce à la géolocalisation.
En somme, il existe bien un enjeu de contention, mais celui-ci doit être analysé en tenant compte du rapport entre les risques et les bénéfices, ainsi que des moyens disponibles pour préserver au maximum l’autonomie et la qualité de vie des résidents.
Merci pour cette question.
Philippe